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A la découverte de nos églises dans la vallée de l'Ouanne

L'église de Saint-Germain-des-Prés

par Reine Deshayes
Cet article est extrait du Bulletin d'informations paroissiales du groupement de la vallée de l'Ouanne, avril 2003

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L' origine du nom de cette paroisse est due au passage de Saint Germain, Evêque d'Auxerre de 418 à 448, qui se rendant d'Auxerre par la vallée de l'Ouanne à sa villa de Corbeilles en Gâtinais, à la rencontre d'un roi barbare (un chef des Alains) prêcha devant le peuple sur le côteau de MONTENTHEAUME, dominant le bourg actuel, ce vers 445 de notre ère. (Germanos a laissé son nom ainsi et aux habitants: germanopratins).

Voyons maintenant les débuts de l'église. St Germain des Prés fut érigé en paroisse par St Loup, Evêque de SENS de 611 à 623. Elle garda comme patron secondaire St Loup de Sens.

De l'édifice initial, il ne reste rien, sans doute en bois, sans date précise, mais, les édifices suivants sont sûrement à l'emplacement de la première chapelle. Eglise modeste elle devait approximativement correspondre au chœur de la nef de droite le plus à l'Est (mur sud)

Refaite, modifiée plusieurs fois, au début du XIIème siècle, vers 1120, elle est prise en charge (comme plusieurs autres) par les moines de MOLESMES (ordre bénédictin fondé par Robert de Molesmes) qui avaient été envoyés en Gâtinais, et nombreux assuraient la desserte de plusieurs paroisses et de leur Prieuré de Montigny (de nos jours St Sébastien à Château-Renard)

Ce sont ces moines qui font édifier une construction « en dur » avec clocher, et une seule nef. Le cimetière était à l'emplacement de la place actuelle et de l'Eglise que l'on voit de nos jours.

Courant XIIIème siècle, la population s'accroissant, les moines allongèrent l'Eglise jusqu'à la grandeur de la nef de droite (vers le Nord) avec l'aide financière du Sénéchal de Château-Renard. La porte principale devint celle de gauche (arc de la porte ancien) alors que les fidèles entraient auparavant par la petite porte sud (actuellement bouchée).

L' église en dur terminée, les religieux de Montigny n'en conservèrent pas longtemps la desserte. L' Archevêque de Sens confia alors l'Eglise au clergé séculier vers 1235 avec un premier curé connu GAUFRED encore en poste en 1264.

Il nous semblerait qu'aucune modification ne fût apportée à cette église jusqu'à la guerre de cent ans.

Les familles ayant leurs parents et ancêtres sous la seconde nef, le curé leur accorda d'enterrer leurs morts dans l' édifice.

Fin 1358, Robin CANOLLE, incendie l'église venant de Châtillon-sur-Loing (1) vers Chantecoq (la population s'était réfugiée au château haut de Château-Renard) (1ère destruction).

On ignore l' étendue des dégâts, mais le clocher en flammes a dû s'abattre sur la route! Vers 1380, reconstruction avec des petits moyens (curé mentionné de 1385 à 1417). Nouvelle invasion anglaise (1421 à 1436) .Paroisse vidée du gros de sa population, sans clergé, inculte. (la nature dégrade le bâtiment vacant jusqu'en 1446). En 1464 les proviseurs de la fabrique sont menacés d'excommunication avec les paroissiens, s'ils ne collectent pas une « Taille » (2) pour la reconstruction de l'église... (1 ère restauration de l'église) Les travaux débutés en 1464 devaient durer plus de 20 ans. La communauté ne disposant que de tous petits moyens, une taille complémentaire fut nécessaire. Ne fut concerné que l' édifice existant en 1464 (moitié droite de l' église actuelle - entreprise paroissiale uniquement) ayant bien conforté et corrigé les défauts de la reconstruction d'un siècle plus tôt.

Vers 1490 l'église est convenable en tant que telle (doyen de Ferrières 1490).

Désormais plus de paroissiens, installation de bancs (au moyen âge pas de siège durant la messe et les offices), apparition de l'imprimerie (livres suivi de la messe).

Débute alors la pratique d'avoir un curé commanditaire et un desservant résident (avec des revenus).

Un curé, Thomas VIATELLET, familier de l' Archevêque Tristan de Salazar (Sens), entreprend alors une nouvelle et importante campagne de travaux (appui de Tristan de Salazar, moyens financiers, percement des grandes baies, construction de la deuxième nef).

Cette église due à Thomas VIATELLET était aérée, ajourée, faisant de celle-ci un édifice de style gothique flamboyant (édifice du 15ème siècle) dû aux architectes et ouvriers, artistes de Salazar (pas de couverture symétrique à celle de la nef ancienne pour ne pas augmenter la charge des murs, « du génie »).

Passons maintenant à l'intérieur de l'édifice. Vaisseau clair, rectangulaire, ligne aérienne de ses 4 arcades, piliers à 8 pans, fenêtres à meneaux, pinacles encadrant le portail de la nef ajoutée (une merveille des artistes de l'archevêque de Sens), voir portail de St Firmin des Bois, la Chapelle sur Aveyron, Ferrières (celui ouvrant sur le vide), dus tous aux mêmes artistes.

La nouvelle nef a pour autel principal celui de St Loup de Sens, dans le chœur un autel St Thibault et dans la nef ancienne un autel St Hubert.

(à suivre)


Sources: "L'église de St Germain des Prés" par M. Paul GACHE

(1) Châtillon sur Loing est devenue Chatillon-Coligny pour éviter la confusion avec Châtillon sur Loire 
(2) Taille : Impôt direct levé sur les roturiers, en France sous l'ancien régime.


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