Glossaire de l'ancien parler gâtinais

D'après les relevés de Jean Jourdain et André Bouchier
Listes parues dans les Bulletins de la Société d'Emulation de Montargis (N°42 à 46, 48, 49, 63 -1978-1984)

complétés par les lecteurs de Gâtinais Histoire

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Lettre A

A.

Cette lettre s'emploie comme pronom personnel (féminin 3e personne) lorsque le verbe commence par une consonne = "a viendra" (elle viendra) ; = "a sont bin gentes" (elles sont bien gentilles.).Lorsque le verbe commence par une voyelle, c'est l'altération de elle en alle = "alle est bin-gente" (elle est bien gentille) "alla est bin acamante" (elle est bien souffrante). A s'emploie également pour de = "le gâs à la Denise", "le pré à la Louise".

ABALOUBER ou ABALOBER.

Etre abaloubé, ou abaloubi, c'est être étonné, avec une nuance d'admiration plutôt que de crainte, ou apprendre une nouvelle qui vous laisse stupéfait, abasourdi = "J'en suis tout abaloubi".Ce serait un terme de l'Orléanais, croisement de esbalobbér (séduire, tromper : diction comique de Leroux, 1752) de l'ancien français : lober (même sens) XIIe siècle, et du type provençal : esbalourdi, abalourdi, d'où est issu balourd. Vers 1872 ce verbe était devenu un terme d'argot pour: étonner, ébahir, qui n'est attesté que par certains dictionnaires spécialisés : Argot parisien (1892), France (1907). (Trésor de la langue française)

ABALOUBI ou ABALOBÉ (un)

un bêta, une personne vraiment naïve.

ABARLUTER

éblouir, aveugler = "Le soleil m'a abarluté", "Le soleil m'aberlute". Ce mot, usuel au XVIe siècle, s'est transformé en éberluer, (berlue), c'est l'éblouissement physique ; éblouir, avec le sens émerveillement étant : esbleuir, du latin exblaudire. (Godefroy)

ABAT FOIN

Ouverture pratiquée dans le plafond d’une écurie pour faire descendre le foin directement du grenier. Cette ouverture présentait un risque de chute. En général, elle était refermée après emploi.
Glossaire du centre : même définition.

Ce nom s’appliquait également au petit logis sommaire situé dans l’écurie ou dormait le charretier. Lorsque les voituriers avaient de longs déplacements de prévu, les charretiers donnaient du foin aux chevaux vers trois heures du matin pour partir très tôt, les voitures éclairées par les lanternes.- Cité par Léon Fairy - Saint-Hilaire-sur-Puiseaux (1876-1969).
(Contribution G. Fairy)

ABAT-FOU

« Il court comme un abat-fou » Courir dans tous les sens de manière désordonnée. Expression citée par Gaston Fairy (1921) – Saint-Hilaire-sur-Puiseaux.
(Contribution G. Fairy)

ABATTEUX D'OUVRAGE

Glossaire du Centre : Fort et courageux ouvrier qui fait considérablement de besogne. Trésor de la Langue française : abatteux d'ouvrage, abatteux de besogne, expression calquée sur abatteux de bois (bûcheron), au début de notre siècle ce mot est remplacé par : bûcheur (de bûcheron également).

ABE

( Le R disparaît)  C’est un arbre - se prononce âbe.- "Les poules sont gûichées dans les âbes."
(Contribution G. Fairy)

ABEURNAUDIT (le ciel s')

Terme local pour : le ciel s'assombrit, devient brun (avant l'orage). "Le temps s'abeurnaudit, il va en tomber une r'napée" (le ciel s'obscurcit, il va tomber une pluie violente). Au XIIe siècle on disait : le ciel s'abrundit ; ce mot a évolué en abrunir, brunir, devenir brun. (Godefroy)

ABIMER (s')

pour : se blesser."Y s'est abimé, la main". Vient du mot abimer, mais dans le sens : endommager, mettre hors de service. Ce mot était employé vers la fin du XVIIe siècle, pour exprimer le dommage causé à une chose ordinaire, banale ; d'où mettre hors de service, gâter, endommager (Acad. 1835 : Cette robe s'abime à la poussière).Dans le Robert : le soleil abime certaines étoffes. Mme de Sévigné : Mes pauvres yeux sont abimés. (Trésor de la langue fr.)

ABISOUET (l')

la bise, le vent froid qui vient du nord. C'est la déformation locale de la biza (bizza) de l'ancien Haut Allemand. Il est cité dans "le pèlerinage de Charlemagne" (1134). Actius Ista parle de la bizza en 768 (latin médiéval) (Trésor de la langue fr.)

ABOULER (s')

s'écraser, s'ébouler. "Le tas de paille y va s'abouler" Descend de boel, exboeler, esboueler = s'éventrer, perdre ses entrailles. (Godefroy) Ce mot avait un deuxième sens, argotique dès le XVIe siècle : donner quelque chose immédiatement (cité dans "La rat du Châtalet", livret anonyme, 1790). De nos jours, ce sens est resté dans le langage trivial.

ABOTS (les)

les premiers bourgeons qui sortent à peine, qui sont à peine visibles mais manifestent leur présence. Selon Jaubert, Godefroy, Littré : ABOTER = aboutir, arriver à.

ABOUTONNER

pour boutonner (forme dialectale du mot), contraire déboutonner.

ABRANCHER

= couper des branches

ABRASER (s')

= s'écrouler, s'effondrer, s'écraser sur le sol :"Y s'est abrasé" Augmentatif de raser, dérivé de abradere : écraser, raser, démolir.Ce mot est cité au XIVe siècle, mais ne semble pas survivre après le XVe siècle. (Trésor de la langue fr.)

ABRÂTER (s')

= s'appuyer aux bras d'un siège

ABRE

pour arbre. Abre est la prononciation ancienne ; au XIVe, au XVe siècle, un abret était un arbrisseau ; un abriet, un arbuste ; un abril, un bocage.Vaugelas affirme qu'autrefois à la Cour on prononçait abre. (Glossaire du Centre)

ABREOUAIRE

prononciation de "abrevoir" [Communication de Paulette Pruneau, de Puteaux]

ACABANÉ

= qui vit en concubinage.

ACABASSER

= se courber, se voûter par l'âge.

ACADIAU (un)

= une averse violente. Vient du Bas-Berry, dérivé du mot : agaster (dévaster, ravager, XVe siècle) ; viendrait de l'espagnol aguaducho. (Godefroy)

ACAGNARDIR

= "Il s'acagnardit" : en parlant d'un homme veule, sans énergie ou s'installant dans une vie de paresse. Trésor de la l.f. = Installé paresseusement dans une attitude rêveuse ; synonyme de nonchalant, indolent, apathique. Glossaire du Centre = qui ne sort jamais de chez lui. Diction. de l'Acad. fr. (1614) = La mauvaise compagnie l'a acagnardé ; s'acagnarder auprès d'une femme, d'un feu.

ACALER

= ôter l'acale, écaler les noix ; au figuré : travailler

ACALVËTRER (s') ou ACARMANCER (s')

= tomber lourdement sur le sol, s'écraser.

ACAMANT (être)

= être en mauvaise santé, malade. Du verbe : acamander = fatiguer, exténuer ; la racine latine est : a caminante = qui ne marche pas. Au XIVe siècle, le mot caïmand désignait le mendiant, 1'être réduit à l'état de gueux, avec toutes ses misères physiologiques causées par la faim et l'extrême pauvreté (Trésor de l.f.) Diction. de l'Acad. fr. (1814) Acamandé : réduit à l'état de gueux, quémandeur ou mendiant, en parlant dtune personne, au physique et au moral. (Voir Bull. S.E.M. n° 8 p.4)

ACCOUBLER au ACOUBLER

Pour accoupler. Terme de culture, à propos de l'accouplement des bêtes pour les travaux des champs. "J'vons acoubler les boeufs".
Employé également pour deux êtres humains, avec par exemple les expressions suivantes que l’on pouvait entendre : « Il est ben mal accoublé avec c’te fumelle » - «Pensez donc, elle a pas fini de trimer, elle s’est accoublé avec c’t’arcandier » (contribution G. Fairy)

ACCOURU
mot pour nommer les gens qui résident au pays mais qui n'en sont pas originaires
(Contribution de M. J., de Bellegarde)

ACCOUTRER

Se disait en parlant, en général, de l’habillement d’une personne : « Aujourd’hui, il (elle) est ben (mal) accoutré(e) » Glossaire du centre : « c’te femme est ben accoustrée ».

ACCREIRE - ACREIRE

Pour accroire = faire croire "C'gâs là, y veut m'faire ecreire que..." Acreire, acrerre, accraire, accroyre, accroire : ces diverses appellations sont citées par'les auteurs médiévaux : Commynes, Froissart, Villehardouin, Marot. (Godefroy) Ce mot,apparaît au début du XIIe siècle dans le Psaultier d'Oxford, vient du latin accredere : ajouter.foi à quelque chose (en général qui n'est vrai), serait un dérivé préfixé de croire. (Trésor de la langue française)

ACCROPETOUNER (s')

= s'accroupir.

ACHAPPER

pour échapper "Il a achappé son couteau" (Glossaire du Centre) vient de l'ancien français : escaper, du latin vulgaire : excappare = sortir de sa chape. (Robert)

ACHARGE

= insupportable, se dit d'un enfant remuant ou désagréable : "Que c'gamin est acharge !" (qu'il est dur). Il semble que ce mot soit devenu : à charge = responsabilité que l'on assume. Il descend du verbe cargier, achargier : soulever, porter une charge (XIIe siècle), du latin populaire : carricare, de carrus, (char) (Godefroy, Robert.)

ACHESER

Pour assécher, mot corrompu pour assécher, dessécher, asseché (XIe siècle) "La bonne fontaine merchée Qui ja ne sera achesée" De Notre Dame P. Richelet (1631 -1698)

ACHOULTER

Lorsque les betteraves sont arrachées à la main et rangées au sol, c’est l’action de couper le collet d’une betterave à l’aide d’une sorte de serpe. Le collet coupé se nomme alors Choulette.
(Contribution G. Fairy)

ACITREUX D’GUERNOUILLES

De la fameuse expression : « c’couteau ne coupe pas, c’est un acitreux d’guernouilles ! » Origine ? Orthographe ? (Contribution G. Fairy)

ACLANCHÉ (être)

= être fatigué, appesanti (plus moralement que physiquement). "Cette histoire m'aclanche !" (elle me peine). C'est un terme du Gâtinais dont je ne trouve la trace nulle part ailleurs.

ACLINER

Pour incliner. Dès le XIIe siècle.

ACNI

= fatigué, fourbu.

ACOINSONS ou ÉCOINSONS (Les)

Années 50/60 ; se prononçe les« acoinssons »
Terme propre au labour. Alors que l’on a commencé par œuvrer dans la plus grande longueur (les grands riages), étant donné que les champs sont rarement carrés ou rectangulaires, c’est la partie triangulaire restant à labourer, toujours de manière parallèle, c'est-à-dire le coin du champ.
En 2012, entre Oussoy-en-Gâtinais et Varennes/Changy, subsiste un panneau indiquant le hameau « les écoissons ».

ACORCHER

pour écorcher. Le verbe acorcher est employé par Rutebeuf : "Tant tint li prestre son corps chier Conques non laissast accrojier Et l'enfoy au semetière." (Glossaire du Centre)

ACOUTER

pour écouter. "Acoutes-tu c'qu'on t'dit ?" (Glossaire du Centre) Acouter, du latin auscultare ; asculter : faire attention à ce qu'on dit. Latin médiéval : abscultare : entendre prêter attention. Le verbe acouter est utilisé dans plusieurs provinces, en Champagne, en Bourgogne dès le XIIe siècle. Selon la Dictionnaire de Trévoux, le mot acouter n'était prononcé que par la populace, tous les honnêtes gens disent : écouter. Dans l'Acad. complém. (1842) il appartient au vieux langage. (Trésor de la langue française) Ce mot a un deuxième sens : attendre. "J'ons acouté pendant une heure, avant qu'y venit". (Glossaire du Centre) D'une personne qui perdait son temps à écouter des bavardages inutiles, on disait : "c'est un acoute-qui-pleut."

ACRA (de l')

Terme du Gâtinais qui désignait le dépot graisseux laissé sur les parois d'un récipient (après le lavage de la vaisselle, par exemple), ou la surface polluée de la mare, devant la planche de laveuse, provoqué par une laveuse précédente (on écartait cet acra avec le battoir). Vient probablement de crasse, latin crassus = épais, gras.

ACRAINDRE

est devenus à craindre, craindre. Ce verbe-acraindre est cité dans "La vie de St Georges" par Pierrre Richelet : "George, fait-il dunc avent Que vostre dors nul fer acrent Qui fait cel enchantement Que vostre cors nul mal ne sent ?" (Godefroy)

ACRASER

pour écraser. Ancien français du XVIe siècle : acraser ou accraser. "J'ons acrasé un verpic, j'vons l'pend'ler à c't'abre" (jai écrasé un aspic, je vais le pendre à cet arbre). Vient du scandinave : krasa : briser. Ce verbe a été remplacé par écraser vers le XVIIIe siècle. (Glossaire du Centre)

ACROPI (l')

= le pissenlit

ACUTER (s')

s'asseoir ; on dit aussi : se cuter

ADJOURNER

= ajourner

pissenlt.gif (14305 octets)

ADRET (remettre à 1')

remettre à l'endroit, du bon côté. Au XIe siècle : endreit, endroet, endroict (le Robert) 2e sens : adroit, s'entend non seulement de la dextérité mais de l'intelligence et du savoir : "C'médecin là, il est bin adret."

AFFAITEMENT

assaisonnement (terme de cuisine).

AFFAITER

préparer, arranger les condiments. Parfois, ne prenait qu'un f : afaiter, afaytement, afeitement, affaictement. "Les hommes champestres usent de viandes, sans aultres affaictements, fors que aulcunes fois elles sont cuites" (Des nobles malheurs. Boccace) (Godefroy)

AFFAUBERTI

= ahuri

AFFAUBERTIR

= ahurir, affoler

AFFITER (quelqu'un)

= l'agacer, le provoquer : "Cette fille affite les gâs." Afiter, au XIIe siècle : défier, provoquer, insulter, terme conservé par la voie dialectale de afita (même sens), de la Suisse Romande. (Godefroy). AFFITER, qui, en Gâtinais veut dire agacer, aguicher, n'a pas de rapport avec le Solognot affité (vif, éveillé) qui, lui, s'apparente au français Familier : futé. (M. Savard, Bull. S.E.M. n°13 p.4)

AFFLIGÉ

= malade, mais surtout infirme. "L'pour gâs, il est bin affligé." Se disait d'une personne qui avait une infirmité grave, mais sans désigner cette infirmité ; ou bien on disait, en indiquant la partie du corps qui en était affectée : cet homme est affligé d'un bras, il est affligé des yeux. Ancien français.: afflicter, emprunté au latin : affligere : jeter à terre, abattre. (Trésor de la langue française)

AFFOUAILLER

= effrayer

AFFOUÉ

= apeuré

AFFOUASSÉ

Terme local de affaissé (sans reflexes, sans énergie). "Reste pas affouassé sur ta chaise". Aux XIe et XIIe siècles : estre affessé, estre apoysanti (plier sous le faix). (Trésor de la langue française)

AFFRONTÉ

pour éffronté. Déformation dialectale du Centre.

AFFUBLER (s')

s'habiller de façon démodée ou ridicule, ou dans un but de déguisement. "Tu l'es drôlement affublé, c'matin !" Ce mot, emprunté au latin vulgaire : affibulare : agrafer (de fibula, boucle, agrafe), attesté au XIIe siècle, d'où l'ancien français : afliber, puis afubler. Affubler signifia dans son sens primitif : agrafer, attacher en agrafant le manteau dont on se couvrait (Trésor de la langue française). Au Moyen-âge, un afublial était une sorte de vêtement. Le verbe affubler est également employé au sens péjoratif, à propos d'une union, d'un mariage mal assorti : "la pauv'fille ! a s'est affublée d'un gâs coum'ça !" ou "L'pauvre, il est bin affublée !"

AFFUTIAU (un)

ornement parure. "Montrer ses affutiaux, avoir de beaux affutiaux". Ce mot s'écrivait jadis : afustiau, du latin fustis (Glossaire du Centre). Trésor de la 1. f. :affutiau : menus objets de l'équipement ou de la toilette féminine ; au XVIIe siècle : menus objets de peu de valeur. Dérivé de affuter : disposer, ajuster. Suffixe -iau : forme dialectale de affuteau.

AFIÔLER - un AFIÔLEUX/une AFIÔLEUSE

[communication de Pauline Pruneau, de Puteaux : = flatteur hypocrite en qui on ne peut avoir confiance et qui cherche à obtenir quelque chose de vous.]

AFISTOLER

= s'arranger, se parer.

AFLANNÉ (être)

prononciation : aflan-né. C'est être sur le flanc, exténué à l'extrême. "Ce travail est vraiment trop dur ! J'en suis tout aflanné". A un enfant qui s'est trop dépensé à jouer : "Où qu't'as couru comme ça ? T'es tout aflanné". D'un cheval qui a fourni un trop gros effort : "C'te pauv'bête ! Ca l'a toute aflannée !".

A FORCE DE

locution courante pour : à continuer ainsi ..."A force de travailler, y va s'en rendre malade !" ou "A force de boire, y va s'mettre sur la paille..."

AFOURNAILLÉ

Il s’agit de petits lapins sevrés ou de jeunes poussins qui commencent a s’épanouir. « Ils sont maintenant afournaillés – sortis d’affaire. » Odette Fairy 1924, Lorris. (Contribution G. Fairy)

AGA

impératif de agarer (vieux français de regarder) Pour rappeler les moutons à l'ordre, encore de nos jours, 1e berger crie à ses chiens : "Aga ! aga-les !" Syncope de agarde : regarde. "Aga ! dït-il, ton oreille n'est pas perdue ; la vois-tu ?" (Nouvelles de Bonaventure des Périers) (Glossaire du Centre)

AGNOLER

cajoler, adorer. Ancien français : agnoux = doux, câlin, dolent, plaintif. Vient du latin agnus, qui signifie agneau.

AGOUANT

dur, désagréable : "Que cet enfant est agouant !" Glossaire du Centre : agouant : déplaisant, fâcheux, importun. Trésor de la l. f. : terme dialectal attesté dans la région du Centre, au sens de déplaisant, par extension : insupportable, agaçant ; vient du verbe agouer, racine latine : a gaudiente : qui ne réjouit pas.
Contribution de G. Fairy :
"Ce canôye, qu’est ce qu’il est agouan : Toujours dans les jambes" Odette Fairy, 1924, Lorris.)

AGOUER

= rebuter, rassasier : "j'seus agoué", dérivé de "goule" ou de gorge.

AGOUILLÉ (être)

terme local de agoué = être rebuté par quelque chose, ne plus pouvoir manger, éprouver du dégout. "Cochon agoué, cochon gras à point" Dérive du vieux français : engouer : étouffer en obstruant le gosier, sens exact au XVIe siècle ; il prit un sens figuré au XVIIe ; racine probable : gav (gorge), "Il ne mange pas, il dévore Et le fait tant avidement Qu'il s'engoue ordinairement." (Virgile travesti, Scarron)

 AGRICHER

pour agripper, accrocher. "C'petit s'agriche aux cottes de sa-mère!" L'origine de ce mot se confond avec les verbes anciens agripper, agraper : s'accrocher à. "Toujours elle hape Ce qu'elle agrape." (Al. Guillaume 1500) (Glossaire du Centre)

AGROUSELLES (les)

pour : les groseilles. Nos anciens du Gâtinais ne disaient pas des groseilles maïs des agrouselles.

AGUISER

pour aiguiser "J'vons aguiser ce pieu". Au XVe siècle, l'aguise était la gaule armée d'une pointe pour piquer les boeufs. "Jehan Fortist prist l'aguise, à quoi il touchoit les boeufs" (1462) (Glossaire du Centre)

AH ! L'LA FAUT-Y !

(prononcer alla, comme l'Allah des Musulmans) Interjection pour : Hélas quelle pitié ! Cette phrase classique concluait un commentaire sur une misère humaine, elle précédait en principe un long silence de réflexions de la part des partenaires.

AÏDER

pour aider, secourir : "Viens donc m'aïder !" Le tréma, usité en Gâtinais encore au début de notre siècle, ne fut utilisé en France que vers le XIIe siècle et cessa assez rapidement. "D'une part moingt, d'austres me cuist, Ainsy m'aïde, ainsy me nuyst" (Roman de la Rose).

AINSI, VOYEZ DON !

Interjection : elle se plaçait à la fin d'une phrase pour renforcer la confirmation. (Glossaire du Centre)

AISANCE (une)

passage non officiel, mais toléré, entre deux champs (le passage officiel est une charrière : de charroi). Le Robert : dépendance, droit d'usage, commodités. Trésor de la l.f. : au XIIIe siècle : aisance : commodités résultant de la libre disposition de quelque chose. Godefroy : "Nous lors devons les aisances de touste nostre terre" (XIIIe siècle). Cartulaire du Val St Lambert. Diction P. Richelet.

AISANT (il est bin)

= il a de l'aisance (facilité dans les manières).

AISES (avoir ses)

= vivre dans l'aisance. "Ah ! il a bin ses aises ! allez don !"

AJAMBÉE

pour enjambée (marcher à grands-pas). "C'est à la feste de tous Sains (Toussaint) Chascun i vient qui ains ains (à qui mieux mieux) Grands pas et longues ajambées." (Fabliau de "La Cour de Paradis". 2e moitié du XIIe siècle) (Glossaire du Centre)

AJETER

prononciation de acheter : J'ajète, j'ajeterai, etc. (Glossaire du Centre)

ALINGÉ (être)

dans l'expression : "être bien alingé" = être mal au point, avoir un aspect défectueux.
[contribution de Frédéric Pige]

ALIPIAUX (les)

mot composé de ale (aile) et pied ."Traîner les alipiaux" : être exténué

ALLANT (il est bin)

= habile dans son travail, plein d'activité, de vigueur. "Il est encore fort allant, malgré son âge". (Robert)
Au début du XXe siècle, est supplanté par : entrain, initiative.

ALLE

pour elle (pronom personnel 3e personne). S'emploie lorsque le verbe commence par une voyelle : "Alle est venue" "Alle est allée à la ville".

ALLER

conjugaison du présent : J'vas, tu vas, y va ou a va, j'vons ou j'allons, vous allez, y vont ou a vont.

ALOUETTE (pain d')

c'est un terme local. Le pain d'alouette est le restant de pain que l'ouvrier rapportait du champ. Je ne trouve pas d'explication à cette image. Peut.être parce qu'il mangeait ce pain à l'aurore, quand l'alouette chantait.

AMAIN (être à son)

être à sa main, travailler à sa main. "En prenant se tu es amain Pourras bien touchier à sa main" (Clef d'amour. Tross.) (Godefroy)

AMENER

pour : produire (se prononce AM'NER) "Cet arbre amène de beaux fruits". "Cet enfant profite, il amène tout à la fois la grousseur et la hauteur.'' (Glossaire du Centre)

AMIGNAUDER (s')

= s'embellir, se farder, se parer. "S'amignauder devant sa glace". (a)mignauder est devenu : mignard, mignon.

AMINAUDER

= (a)minauder, a toujours le même sens sur le Larousse : flatter, faire des mines. Aminauder un bébé pour en obtenir un sourure.

AMITEUX

= amical, affectueux (se prononçait : amiqueux). Par une métaphore, transposée du sens figuré au sens propre, on disait d'une terre qu'elle est amiteuse, qu'elle a de l'amitié, quand elle est grasse et s'attache aux pieds.

AMITIÉ

= se prononçait : amiquié.

AMODÉE (une)

= un terrain, espace où l'on peut "moder" les bêtes.

AMOIQUER (s')

Terme local de : tomber en s'écrasant. "Cette poire est blette, elle va s'amoiquer". Trésor de la langue fr. : amoiqué = qui est affaibli. "Chaudrut rentra plus amoiqué et plus larmoyant que jamais". (Les Soeurs Vatard. J.K.Huysmans, 1879) L'origine de ce mot est obscure, à rapprocher du berrichon s'abouaquer = se trouver mal, perdre connaissance, lui-même d'origine inconnue.

AMULONNER

= mettre le foin en tas

AMUSEUX (un)

= un joyeux compagnon, plus ou moins galant, un charmeur. "Un amuseux d'filles" = un enjôleur. "Adieu, galant trompeux, Amuseux d'fillettes, T'as mon coeur en gage. A présent tu -t'en vas. En passant la rivière, Galant, tu périras." ("Comment l'amour se fait". vieille chanson du Berry) (Glossaire du Centre)

ANCREIRE

pour accroire, croire. "Pour sûr, a veut m'faire ancraire !" (elle veut me faire croire) "Un trompeux, charmante bergère, Ca n'est pas vrai, J'veux pas vous en fée ancreire, Acoutez moué !" (Ancienne chanson de bergère. Glossaire du Centre)

ANDAIN (un)

suivant l'Académie, c'est l'étendue de pré qu'un faucheur peut faucher à chaque pas qu'il avance. Régional: c'est la rangée d'herbe ou la file que la faucheur a formée par la succession de ses coups de faux. Faucher d'andain = faucher de compagnie, avec un ou plusieurs compagnons.

AN'HUI

= aujourd'hui.

ANIMAUX

se prononçait AN-NIMAUX Ce mot s'employait surtout au péjoratif, à propos d'enfants turbulents ou causant des dommages : "Ah ! les an-nimaux !" Ce mot n'était pas employé pour les bêtes de la ferme, que l'on nommait 'l'bestiaux" et qui englobait tout. "Indigne animau, sais-tu pas qu'il ne se fait rien de là, dont Pantagruel n'ait avis ici." (Béroalde de Verville) (Glossaire du Centre)

ANOUER

Avaler de travers, par le trou du dimanche - En quelque sorte, un nœud à la gorge. «  Il s’est anoué en buvant un coup t’cit ».
(Contribution G. Fairy)

ANRIVER

déformation de arriver "Les cloches de la ville Ieux sont près de sonner, Disaient les uns, les autres, Avise c'te clarté ; Aga ! la belle étoile, Grand Dieu qu'est arrivé." (Ancien Noël du Berry) (Glossaire du Centre)

AOINDRE voir AVOINDRE
Communication de J-Ph. Boillet, de Césarville-Dossainville : "Aoint moué la berouette."

APALI (y s'est)

terme local assez vulgaire, de aplati. s'aplatir = tomber lourdement sur le sol.

APENTÉ

C’est avoir peur pour un petit rien. « Il est tout apenté ! »

APITANCER

= se nourrir

APONICHER (s')

verbe pronominal, s'accroupir, s'asseoir dans un coin, se blottir. C'est une forme dialectale de l'ouest et du Centre ; viendrait de poner, pouner = pondre, soit plutôt dérivé de poner, avec suffixe -iche et désinence -er. "A la première verdure, les gamins gambadent dans l'herbe, la mère s'aponiche à la façon des petites filles, en faisant un fromage, avec ses jupes bouffantes en rond" (Madame André, Richepin, 1879) "Des ménagères blanchissent elles-mêmes leur linge, aponichées devant leur baquet mousseux." (Le Pavé, Richepin 1883) (Trésor de la langue française)

APEIGNAUDER (s')

Terme local. Aurait le même sens que s'amignauder, se parer, se peigner, faire sa toilette avec soin. "T'as pas fini d' t'apeignauder !"

APEUTER

= pour apeurer, faire peur à quelqu'un : l'apeuter.

APOINTUSER

= rendre pointu, aiguiser, faire la pointe. "Apointuser un dousil." (Glossaire du Centre)

APPATER (v.)

nourrir abondamment, faire un bon repas

APPENTIAU (Un)

c'est l'épouvantail pour les oiseaux. Mettre un appentiau dans un champ. Par dérision, c'était également un grand garçon trop maigre.

APPONTER (un chargement)

Terme courant : apponter un tombereau de bois, une charretée de foin, un chargement. Il est possible que ce terme ait été transmis par les marins de Loire.

APRES

= pour : la long de Usité en Gâtinais et Berry. "Monter après un mur", "Mettre l'échelle après l'arbre". Se disait également à la fin d'une phrase où figure un pronom personnel "Je lui ai couru après", "On nous a crié après". "Pensez à cette ingratitude, que Dieu, vous ayant toujours couru après pour vous sauver, vous avez toujours fuy devant luy, pour vous perdre". (Saint François de Sales) (Glossaire du Centre)

AQUENITER

= AQU'NITER : ne s'employait plus qu'au participe : "J'suis aqueni !" (je suis fourbu, à bout de forces). Au XIIe siècle, le verbe aqueniter voulait dire : affamer, épuiser. Ce mot porte la trace de son origine : nihil (rien, réduire à rien) fait au participe : aqueni, et non aquenité. "Il a fait un long voyage, il est aqueni !" Ce verbe s'est dévié en : acamander (qui est devenu acamant). Le mot aqueniter a disparu de la langue française vers le XIXe siècle.

ARAUDES (les)

genre de plantes sauvages communes dans nos jardins et nos champs.

ARAUGNIES (les)

déformation de : araignées.

ARCANDIER

mot classique en Gâtinais. Selon le Glossaire du-Centre, un arcandier est un petit commerçant qui fait tous les métiers, et, en général, qui tire le diable par la queue. Selon le Dictionnaire historique des argots (Larousse), ce mot, passé aujourd'hui dans l'argot, désigne un brocanteur louche et errant et arcander = lésiner. En Gâtinais, en langage rural, un arcandier était un touche-à-tout, mais peu qualifié, un ouvrier qui peine pour faire du mauvais travail. Locution : Arcandier de Moulon : les terres de ces lieux sont très ingrates (terres grasses et argileuses), sans assolement, sans drainage, il était certainement très difficile de faire un travail convenable ; le "bricolier", avec des outils rudimentaires, ne pouvait obtenir qu'un résultat déplorable. La dénomination d'arcandier pouvait trouver ici son comble.
[Ne surtout pas confondre l'arcandier du Gâtinais avec l'arcandier de la Nièvre ! On trouvera des renseignements précieux à l'adresse : http://perso.wanadoo.fr/ingenierie/arcanderie.html. Avertissement transmis par Julien Galland, de Pouilly-sur-Loire.]

ARCANDER

= peiner, faire un travail avec difficulté. Vient du vieux français : aricander = peiner. (Voir Bull. S.E.M. n° 12 p. 3)

ARCHE (une)

= coffre à pain, huche

ARDILLON (un)

= toute chose pointue : "la langue du serpent a deux ardillons"

ARDRELLE (une)

ce mot désigne un personnage chétif, un enfant malingre, mais aussi une bête maigre et souffreteuse. C'est un terme local ; est-ce une déviation de haridelle ?

AREUILLÉ ou AROEILLÉ (une personne)

éveillé, l'oeil vif, les manières alertes, qui n'a pas froid aux yeux. Glossaire du Centre : aroeiller = regarder avec convoitise. "Un enfant qui s'areuille" = qui ouvre les yeux à la vie, sourit, reconnaît.

ARFAIRE (c'est)

s'applique à propos d'un défaut, d'un vice plus ou moins caché ("ce cheval est arfaire, a une jambe arfaire"). Et non l'interprétation : c'est à refaire, à recommencer (travail mal exécuté, par exemple).

ARGAGNASSES (les)

= périodes menstruelles : "Elle a ses argagnasses". Probablement dérivé d'un verbe "aregagner" : produire un regain ; le terme péjoratif formé avec le suffixe -asse a dû désigner les menstrues par comparaison avec la repousse du foin.

ARGANELLE (une)

même sens que ARDRELLE (voir plus haut).

ARGOT (du coq)

vieille forme de ergot (ongle pointu). "Subtilz renards et grands mangeurs d'images, Pour haulmonter, contrefont les bigots, Puis, quand ils sont huchez sur leurs argots, Au monde font de merveilleux dommages." (Guillaume Cretin) (Glossaire du Centre)

ARNAPÉE (une)

= une averse (voir aussi R'NAPÉE et ACADIAU)

ARNÉ (je suis)

= je suis fourbu. A le même sens que aqueni. Au Moyen-âge, arner, esrener = action de disloquer, casser les reins à ..., éreinter, échiner (au sens propre et figuré), ce mot est cité par Rabelais, du Pinet, Oudin et Bonnivard (XVIe et XVIIe siècles). "Il se esvertua tant pour lever ce grant pays, qu'il se rendit arné". (Jean Palsgrave; Eclair. de la 1. fr. 1530) (Godefroy)

ARONCES (les)

les ronces et toutes espèces du même genre. En vieux patois du Nivernais : les arronces. "Quand vient le printemps illecques fichent les arences et en font comme maisons estroictes" (Godefroy)

ARPETTE

Jeune apprenti inexpérimenté- mot employé de manière quelque peu péjorative. «  Il a travaillé comme arpette chez un tel  »
(Contribution G. Fairy)

ARPOUSER

déformation de reposer. "D' travailler coume ça, ça l'arpouse pas !" (Glossaire du Centre)

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ARRANGER

Terme trivial, désignant dans la campagne Gâtinaise, l’acte de faire l’amour de manière un peu cavalière, cachée ou extra conjugale ! Expression employée au masculin ou au féminin : M : « y l’a dû l’arranger dans la grange » - F : « Elle a dû s’ faire arranger sus ‘l’tas d’foin. »
Dans le glossaire du centre il est écrit : caresser, suivi de : «  Se dit trop souvent dans un sens libre »! – Mais sans explications complémentaires, peut-être à cause du contexte ?
(Contribution G. Fairy)

ARRETER

se prononce AR'TER. En français, ce verbe ne s'emploie que dans le sens de cesser momentanément de marcher, d'agir, de parler. En vieux parler Gâtinais, il avait également plusieurs sens. Pour inviter un enfant à rester en place : "Veux-tu ar'ter" (veux-tu rester tranquille). On disait aussi : "C't' homme est bin actif, il travaille toujours, il n'arrête pas". "Sa maladie a empiré, il est arrêté". "Je n'arrêterai pas à venir, à répondre" (pour tarder) (Glossaire du Centre)

ARRIÉ

particule explétive, pour : aussi. L'enim vero des latins. "Il est bin malade, et moi arrié !" "J'vous fais c'veau dix écus, et vous dites qu'c'est trop cher ! vouderiez-vous pas l'avoir pour rien ! arriers !" "....Et s'en va paistre aux champs Tant qu'elle a plains ses flans, Puis s'en revient, arrier." (Ysopet II Fable XL Glossaire du Centre)

ARROUSER

ancienne forme pour arroser. Dans notre pays de vignerons, ce mot s'employait autant au sens figuré qu'au sens propre : "On va arrouser ça !" "Ca s'arrouse !" Ces mots désignaient : célébrer par des libations de cabaret un évènement quelconque. "Il a bien arrousé son parrainage !" "Arrouser un marché" (boire en le concluant). A l'époque de la Garde Nationale : arroser ses galons : c'est le sens figuré emprunté au jardinage : on arrose les galons pour qu'ils deviennent des épaulettes. "Parce que la charité arrousant une âme produit en elle les oeuvres vertueuses, chascun en sa saison." (Saint François de Sales) (Glossaire du Centre)

ARSIER n. m.

frelon.

ARTAUDS (les)

on ne prononce . pas la liaison (les 'hartauds). Tous les doigts du pied en général, et on dit en particulier : le grout artou (le gros orteil) pour désigner le pouce du pied.

ARPENT (un)

mesure agraire valant 100 perches ou 30 toises carrées. Cette mesure variait selon les régions (de 30 à 51 ares), elle existait au XIe siècle (arpenz) ; mot emprunté au latin arapennis ou arepennis, mesure agraire gauloise. "Tel est riche avec un arpent de terre, tel est gueux au milieu de ses monceaux d'or" (Julie, J.J.Rousseau) (Glossaire du Centre)

ASSABOUIR

déformation dialectale de : abasourdir. Glossaire du Centre : Assabouir = étourdir par des coups ou du bruit.

ASSARTER

déformation locale de essarter = arracher des broussailles,déboiser. Essarter a quelque peu été remplacé par défricher (suite du déboisement). Essart, les Essarts = lieu déboisé. Voici les variations de ce mot du XIe au XVe siècle : eyssart, asart, assart (XIIe s.), eschar, escart, essart. "Partout des murs ruinés, des villages sans habitants, des champs essartés par le feu, et leurs chevaux foulaient des cendres et des charbons". (Tristan et Yseut XV ; Bedier) "Cum briere en un asart". (S. Brandan, 1159) (le Robert) Plus près de nous, le mot assarter était surtout passé au péjoratif. A propos d'un mauvais travail : "C'est pas du travail, c'est tout assarté". D'un mauvais coiffeur : "Mais, y t'a tout assarté les cheveux". De la mauvaise taille d'une haie : "Eh bin ! c'est drôlement assarté !"

ASSAVOIR faire assavoir

faire savoir (se prononce assavouère)."Cette chose est-elle vraie ? Assavoir !" (Peut-on savoir). Malgré-sa présence dans le Larousse, ce vieux verbe, dérivé de savoir, existait déjà au XIIe siècle."Pareillement, je vous fais assavoir Que les préceptes de Jésus faut scavoir". (Mystère des actes des apôtres). "Or si devant me l'eut fait assavoir, Dira quelqu'un : Qu'as-tu fait ? Mon devoir." (L'Adrienne, trad. de.Térence. Bonaventure des Périers). Ou : façon de parler qu'on emploie pour spécifier les choses dont il s'agit : "C'est assavoir à l'empire de leur délict, ou aussi leur prouffit, ou pour toute cause".(Le Petit Jehan de Saintré. La Salle 1651-1719) "Le bal et la grand'bande, assavoir deux musettes". (Tartuffe, Molière)

ASSAYER

ancienne forme du verbe essayer. "Croye m'en qui m'en voudra croire Qu'il fait bon de tout assayer" (Glossaire du Centre)

ASSITER (s')

pour s'asseoir. Ce verbe a des variantes : S'assir, s'assietter, s'assieser. "Assoyez-vous donc", "assitez-vous", "sitez-vous don là", "assistez-vous !" (Glossaire du Centre)

ASTEURE

ce mot médiéval s'est transformé en : à cette heure. "J'en ay assez parlé asthure, ailleurs j'en parlerai encore..." (Vie de Marguerite de Navarre, Brantôme). "J'ay de pourtraits de ma forme de vingt-cinq, de trente-cinq ans : je les compare avec celui d'asteure. Combien de fois ce n'est plus moy ! Combien est mon image présente plus esloignée de celles-là que de celle de mon trespas." (Montaigne liv.III, chap.XIII) (Glossaire du Centre)

ATERNIAU (un)

c'est un sansonnet.

ATROGNER

de trogne, tronc. C'était couper certains arbres à leur base pour leur permettre de repartir en touffes, l'osier par exemple.

ATTELEE (une)

portion de travail, de journée ; terme emprunté aux charretiers à chevaux et appliqué aux journaliers eux-mêmes. "J'n'ai pu faire ce travail ce matin, je le ferai à la seconde attelée." (Glossaire du Centre)

ATTIFE - ATTIFER (s')

terme dialectal de l'0uest et du Centre. Dans la dictionnaire : orner, parer avec recherche. Au XIIIe siècle, atifer : orner, parer, à propos de la coiffure féminine (c'est principalement ce sens qui est resté en Gâtinais : "T'as fini dt'attifer !"). Attifé est un dérivé, avec le préfixe a-, de l'ancien français tifer (XIIe siècle) = orner ; il est à rattacher à la racine germanique tip (pointe). Dans notre parler, ce verbe ne s'employait plus guère qu'au péjoratif (en principe, au féminin) = être mal habillée, mal fagotée. "Ma pour' fille, qu't'es mal attifée, ce matin !"

ATTIFIAUX (des)

colifichets, toute espèce de parure avec laquelle on s'attife. Dans le dictionnaire : ornements de dentelles, de rubans. Dans celui de Trévoux (1704) : des ornements de pacotille. Dérivé de attifé, avec la suffixe -iau (peut-être par attraction de affutiaux.)

AUBIER (un)

du latin albus : désignait le saule. "...Les deux roys, ayant leurs espées au costé, estoit entre eux un petit ruisseau, appelé le Gué d'Amours, auquel y avoit un aulbier creux..." (Histoire du Berry, Chaumeau). "Laisse, ô vallon natal, incessamment plus beau, Aujourd'hui ma patrie, et demain mon tombeau, Laisse moi sous l'aubier, si cher à ma mémoire, Des amours envolés, ressusciter l'histoire." (Exil au pays, H. de Latouche 1785-1851) (Glossaire du Centre)

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AU PRI

= au fur et à mesure

AUTANT COMME AUTANT

= tant et plus. Locution exprimant une très grande quantité. Notre paysan du Gâtinais, venant à la foire de la Madeleine vers la fin du siècle dernier, admirant les milliers de moutons parqués sur le Pâtis, ne pouvant en évaluer le nombre, pouvait dire à son retour : "Y en avait autant comme autant !"

AU

article que l'on employait pour : chez. "J'vas au coiffeur, au médecin, au maréchal, etc."

AURIE

même sens que arrié = aussi.

AVALOUÈRE (l')

terme dialectal de avaloire = gosier d'un homme qui absorbe beaucoup (XVIIe siècle). Comédie des proverbes, dans le Dict. hist. de l'Acad. franç.: "Celà passe doux comme lait, mais je pense que tu es fils de tonnelier, tu as belle avaloire." Vers le début du XIXe siècle, ce mot est passé dans l'argot. (Trésor de la langue franç.)

AVIS (m'est)

= à mon avis, je suis d'avis que (être d'accord). "Il m'est avis qu'en maint endroit Je vois la divine balance Peser et le tort et le droict." (Saint Amant). "Donc, m'est avis qu'il parle saigement..." (La controverse des sexes, Gratien Dupont) (Glossaire du Centre)

AVOINDRE

déformation locale de aveindre = atteindre, saisir quelque chose : "J'peux pas l'avoindre, c'est trop haut !", "J'l'ai pas avoindu". Aveindre (Acad. 1798) : "aveignez ce livre, ces papiers de dessus cette tablette." Acad. 1835 : atteindre quelque chose avec effort : aveindre du linge. "Dans les révolutions, même en apparence, rétrograde, il y a un pas de fait, une lumière acquise pour aveindre quelque vérité." (Etudes historiques, Châteaubriand) Ce verbe, remplacé aujourd'hui par atteindre, eut une existence propre (l'hypothèse d'une influence de atteindre n'est pas invraisemblable). Fin du XIIe siècle : avoindre = parvenir à. XIVe siècle : adveindre = tirer un objet hors du lieu où on l'avait placé. Dérivé du latin : advenire. Alors que ce verbe disparaît de notre langue, il demeure intact au Canada : "Elle aveignit un large mouchoir." (Le Survenant, 1945, G. Guevremont). Aveindre quelqu'un = le rejoindre : "Il s'est sauvé, mais la police a fini par l'aveindre". S'aveindre de quelque chose = se tirer de quelque chose : "Ma jument a calé dans un trou, a s'est aveindue, mais ça forcé" (Trésor de la langue franç.)
[Communication de Michel Costes, New York (juillet 2005) :  ma mère née en 1910, originaire de Ladon, m'a dit qu'elle avait entendu le mot "aouinduse" à propos d'une balle qui avait été lancée et qui s'était logée dans un endroit difficile à atteindre mais qui avait été finalement "aouinduse" (atteinte).]

AVOIR (verbe)

conjugaison du présent : j'ons ou j'avons, t'as, il a ou alle a, ont a, vous avez, y z'avont ou a z'ont. Imparfait : j'avions. imparfait pluriel : nous aviômes, pour nous avions - Futur : j'arai -
"Tout grous monsieur qu'il est, il seroit par ma figure nayé, si j'n'aviommes été là." (Don Juan, Molière)


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